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La Chartreuse de Parme

La Chartreuse de Parme de Stendhal - résumé

La Chartreuse de Parme, Paris, 1839
Résumé - La chartreuse de Parme

La Chartreuse de Parme est une des œuvres majeures de Stendhal, celle qui lui donna la célébrité. Elle fut publiée en deux volumes en mars 1839.

Le héros de ce roman est Fabrice Del Dongo, aristocrate italien, admirateur de Napoléon 1er. Il est le seul héros stendhalien à atteindre cette plénitude qu'ils recherchent tous, et à en jouir pendant une période assez longue. Dernier grand héros stendhalien, il possède cependant toutes les qualités qui les caractérisent : désir de gloire, quête d'absolu, soif de reconnaissance sociale.

L'histoire:

Chapitre I

Le texte nous présente un tableau général de Milan en 1796 lors de l’arrivée du général Bonaparte à la tête de son armée. Il décrit le grand changement de mœurs impliqué par cette invasion française et « la masse de bonheur et de plaisir qui fit irruption en Lombardie avec ces Français si pauvres ». Parmi ces soldats sans le sou, le texte s’arrête sur un lieutenant nommé Robert qui obtient un billet de logement pour le palais de la marquise del Dongo et prend alors la parole pour raconter son histoire, notamment le malaise qui le prit lorsqu’il arriva devant la marquise et son amie Gina del Dongo. Mais « l’histoire du lieutenant Robert fut à peu près celle de tous les Français ; au lieu de se moquer de la misère de ces braves soldats, on en eut pitié, on les aima ». Pendant deux années, le bonheur est total et la gaieté règne en Italie, sauf pour le marquis del Dongo, opposant à l’occupation française réfugié au château de Grianta, au delà de Côme, qui laisse sa femme à Milan gérer ses affaires. Après deux ans, les Autrichiens reviennent pour treize mois gouverner Milan, avant que Napoléon ne gagne la bataille de Marengo C’est à ce moment-là que Fabrice del Dongo, second fils du marquis del Dongo, « se donne la peine de naître ». Les Français revenus en Italie, « dix années de progrès et de bonheur » s’écoulent pour Fabrice pendant que le marquis son père se terre dans son château de Grianta, refusant de voir sa sœur, Gina del Dongo devenue entre-temps comtesse Pietranera. Celle-ci se prend de passion pour son neveu et l’introduit dans le grand monde napoléonien en Italie. Hors de ces moments, Fabrice « ne savait rien au monde que faire de l’exercice et monter à cheval ».

Chapitre II

L’abbé Blanès, curé de Grianta passe toutes les nuits au haut de son clocher ; Fabrice l’adore et le curé le laisse monter avec lui au clocher, faveur insigne de la part du prêtre qui « aim[e] cet enfant pour sa naïveté ». L’abbé communique d’ailleurs au jeune homme, non sa science, mais « une confiance illimitée dans les signes qui peuvent prédire l’avenir ». En 1813, c’est la chute de Napoléon qui provoque chez le marquis del Dongo « cette joie inexprimable de voir les troupes autrichiennes rentrer dans Milan. ». La comtesse Gina Pietranera, en revanche, voit avec le départ des Français sa situation s’effondrer, jusqu’à la mort de son mari. Elle a alors 31 ans et est recueillie par sa belle-sœur au château de Grianta, où elle profite des « lieux enchanteurs » voisins. Grâce à elle, « l’ennui, tout étonné, était banni du château féodal ». Le 7 mars 1815, on apprend le débarquement de Napoléon au golfe de Juan. Fabrice décide alors de rejoindre les armées françaises et annonce sa décision à sa mère et à sa tante. Il explique sa décision par un présage, la vision d’un aigle se dirigeant vers la Suisse, où il voit un signe de sa destinée : « Je pars [...] je vais rejoindre l’empereur, qui est aussi roi d’Italie. » Il gagne Paris et tente en vain de voir l’Empereur avant de rejoindre l’armée qui se rassemble vers Maubeuge. Arrivé à la frontière, il rencontre à un bivouac des soldats qui le regardent avec soupçon et le prennent pour un espion. Il est alors jeté en prisonErreur ! Signet non défini. où il passe trente-trois longues journées. La femme du geôlier, qui s’est prise d’affection pour lui, le fait évader, lui fournit un uniforme de hussard, et le jeune homme se retrouve sur la route de WaterlooErreur ! Signet non défini.. Après la nuit, « sur les cinq heures, il entendit la canonnade : c’étaient les préliminaires de Waterloo ».

Chapitre III

Fabrice rencontre une cantinière qui, touchée par sa candeur, lui donne des conseils et le prend sous son aile. Il finit grâce à elle par rejoindre l’escorte du Maréchal Ney qu’il accompagne jusqu’à ce que le bruit des canons retentisse et que le spectacle d’un cadavre défiguré fait pâlir d’horreur Fabrice : « Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment », confie le narrateur amusé. Les hommes tombent autour de Fabrice qui se réjouit d’assister enfin à une vraie bataille autour de soldats dont il se sent très proche ; « il voyait entre eux et lui cette noble amitié des héros du Tasse et de l’Arioste », jusqu’à ce qu’on lui vole son cheval et qu’il doive se défaire de « tous ses beaux rêves d’amitié chevaleresque et sublime ». Dès lors, il erre perdu sur le champ de bataille avant de retrouver sa cantinière du matin qui le recueille. « A peine dans la voiture, notre héros, excédé de fatigue, s’endormit profondément. »

Chapitre IV

Fabrice se réveille alors que les Français sont en déroute. Recueilli par le caporal Aubry, il tue son premier prussien puis participe à la retraite en pagaille. Ayant dérobé un cheval, il retrouve la cantinière qui, aidée du caporal Aubry, tente d’expliquer à Fabrice qu’il doit se cacher et surtout ne pas dévoiler qu’il a participé à la bataille. Pendant ce temps, la grande question que se pose le jeune homme est de savoir s’il a ou non assisté à une bataille. « Il lui semblait que oui, et il eût été au comble du bonheur s’il en eût été certain. » Fabrice rencontre ensuite un officier, le colonel Le Baron, qui lui demande de surveiller un pont. Il s’acquitte de sa tâche avec maladresse, ce qui lui vaut des coups d’épée de cavaliers qui veulent forcer le passage. Fabrice, blessé au bras et à la cuisse, est emmené dans une auberge afin d’être soigné.

Chapitre V

Lorsque Fabrice se réveille, « la quantité de sang qu’il [a] perdu l’[a] délivré de toute la partie romanesque de son caractère ». Il se remet en route et manque se trouver mal alors qu’il parvient au village de Zonders. Il est recueilli par un aubergiste, sa femme et ses filles qui s’occupent de lui et le soignent. Risquant d’être dénoncé et repris par la police prussienne comme ancien soldat de Waterloo, il parvient à Amiens où il se pose toujours la question de savoir s’il a ou non assisté à une vraie bataille. La comtesse Pietranera lui envoie une lettre lui enjoignant de s’arrêter à Lugano, en territoire suisse, lorsqu’il reviendra vers Grianta ; en effet, il a été dénoncé par son frère aîné, Ascagne, comme espion à la solde de Napoléon. A la faveur d’une nuit, il rend cependant visite à sa tante et à sa mère qui le maintiennent caché pendant une journée avant de partir avec lui pour Milan ; arrivée aux portes de la ville, la voiture de la marquise, de sa belle-sœur et de Fabrice rencontre la voiture du général Fabio Conti de Parme et de sa fille Clélia, arrêtée par les gendarmes. Soutenant Clélia qui veut monter dans sa voiture, Fabrice « sourit, elle rougit profondément ; ils rest[ent] un instant à se regarder après que la jeune femme s’[est] dégagée de ses bras ». Il pense alors, prémonitoire : « Ce serait une charmante compagne de prison » Clélia quant à elle « regard[e] avec étonnement ce jeune héros dont les yeux sembl[ent] respirer encore tout le feu de l’action. Pour lui, il [est] un peu interdit de la beauté si singulière de cette jeune fille de douze ans, et ses regards la f[ont] rougir ». Après cette rencontre, les trois personnages arrivent à Milan où ils apprennent que la situation de Fabrice est dangereuse, puisqu’il est recherché par la police autrichienne. Le jeune homme part alors s’installer en Piémont, près de Novare. La comtesse, pendant ce temps, fait jouer ses relations pour essayer de tirer Fabrice des griffes de la police qui le pourchasse. Le chanoine Borda qu’elle consulte lui dit que Fabrice doit rester un temps en Piémont, y avoir une attitude irréprochable, aller à la messe, professer une horreur pour toute idée de révolte, et faire la cour à une jolie femme.

Chapitre VI

Le chapitre commence sur une confidence du narrateur : « A son retour de France, Fabrice parut aux yeux de la comtesse Pietranera comme un bel étranger qu’elle eût beaucoup connu jadis. S’il eût parlé d’amour, elle l’eût aimé ; n’avait-elle pas déjà pour sa conduite et sa personne une admiration passionnée et pour ainsi dire sans bornes ? » Ensuite, le récit revient en arrière, au moment où la comtesse se morfond pendant que Fabrice est à Waterloo. Elle fait la connaissance du comte Mosca, ministre de la Guerre, de la Police et des Finances du prince de Parme Ernest IV, « homme aimable et qui parl[e] de la France et de Napoléon de façon à donner à son cœur de nouvelles raisons pour espérer ou pour craindre ». Agé d’une quarantaine d’années, le comte Mosca a pour seul défaut de porter de la poudre dans les cheveux, « comme gage de bons sentiments politiques ». Il commence à s’intéresser vivement à la comtesse Pietranera et lui confie que le prince de Parme Ranuce-Ernest IV, si brave à la guerre, a maintenant peur de tout et a besoin de lui pour conjurer ses craintes. Il passe beaucoup de temps avec la comtesse et, « à la suite de plusieurs petits incidents dont le récit semblerait long peut-être, le comte Mosca [est] absolument fou d’amour [...] la comtesse [pense] déjà que l’âge ne devait pas faire objection, et d’ailleurs on le trouv[e] aimable ». Cependant Mosca est rappelé à Parme et prend l’habitude de correspondre avec la comtesse qui prend grand plaisir à cet échange épistolaire. Elle hésite à accepter que Mosca donne sa démission et vive avec elle une vie aisée à Milan. Cependant, le comte propose à la comtesse Pietranera d’épouser le comte Sanseverina-Taxis, immensément riche mais qui souffre de n’être pas d’extraction assez noble ; une fois mariée, son mari fait ambassadeur et, obtenant le cordon qu’il vise, la comtesse serait libre et ne le reverrait plus jamais, occupant à Parme son palais, un des plus magnifiques de la ville. Elle accepte l’arrangement et, trois mois après le mariage, la duchesse Gina Sanseverina a conquis la ville ; présentée au prince et à la princesse, ainsi qu’à leur fils, elle remporte un grand succès, tout comme auprès de l’aristocratie parmesane. Elle donne même une soirée en l’honneur de Clélia qui a un grand retentissement. « Tout souriait à la duchesse ; elle s’amusait de cette existence de cour où la tempête est toujours à craindre ; il lui semblait recommencer la vie. » Le comte Mosca, voyant que la duchesse s’inquiète du sort de Fabrice, propose à sa maîtresse de faire venir à Parme le jeune homme qui entamerait alors une carrière pour être évêque. Ayant retrouvé son neveu à Plaisance, la duchesse fait état de la proposition de Mosca que Fabrice accepte, refusant d’être un riche oisif courant les femmes et les cafés. Il part donc à l’Académie ecclésiastique de Naples où il est regardé comme « un grand seigneur appliqué, fort généreux, mais un peu libertin ». Pendant ce temps, le comte Mosca manque plusieurs fois d’être destitué mais s’en sort bien, malgré et grâce à Gina qui s’amuse et joue de toutes les intrigues de la cour de Parme, « toujours passionnée pour quelque chose, jamais oisive, [qui a] plus d’esprit que toute la cour de Parme ; mais elle manqu[e] de patience et d’impassibilité pour réussir dans les intrigues ».

Chapitre VII

Quatre années se passent jusqu’en 1821 où Fabrice met pour la première fois les pieds à Parme. Alors, « on pouvait dire de lui qu’il ne connaissait point l’amour » ; « c’était un diamant qui n’avait rien perdu à être poli ». Il est présenté au prince auquel il ne plaît pas parce qu’il lui fait trop forte impression, et à l’archevêque Landriani, qui respecte infiniment la noblesse et le nom de Fabrice, et lui promet son affection et son soutien. Le comte Mosca reçoit une lettre anonyme faite sur l’instigation du prince, dénonçant l’amour qu’il croit deviner entre la duchesse Sanseverina et son neveu. La lettre atteint son but et Mosca pense devenir fou en apercevant la complicité qui unit Fabrice et sa tante. Cependant, Fabrice et sa tante ne sont pas amants et si « réellement Fabrice aimait la duchesse de bien loin plus qu’aucun être au monde », il n’en est cependant pas amoureux. Il déclare ainsi : « La nature m’a privé de cette sorte de folie sublime. » L’amour semble le fuir...

Chapitre VIII

Après un mois à la cour de Parme, « Fabrice avait tous les chagrins d’un courtisan, et l’amitié intime qui faisait le bonheur de sa vie était empoisonnée ». Voulant tromper son ennui, il fait alors la connaissance d’une jeune actrice nommée Marietta, dont un autre acteur appelé Giletti revendique l’exclusive possession. Le comte Mosca se réjouit lorsqu’il apprend cet amour et en parle à la duchesse qui s’en trouve piquée. Elle fait alors écrire la marquise del Dongo pour qu’elle demande à Fabrice de lui rendre visite. Fabrice part pour Belgirate, près de Milan, sans avoir pu profiter de Marietta. Il rencontre sa mère puis décide d’aller voir l’abbé Blanès. Sur le chemin, il s’arrête sur les rives du lac de Côme où il profite du sublime du paysage et goûte « les moments les plus heureux qu’il eût goûtés depuis longtemps ». Après cette rêverie sur la nature, Fabrice arrive chez l’abbé Blanès qui « ouvrit les bras à notre héros qui s’y précipita en fondant en larmes ». Le curé prédit alors au héros qu’il connaîtra une autre prison que celle de Waterloo, « bien autrement dure, bien plus terrible ! », lui annonçant : « Ta vie sera très heureuse aux yeux des hommes..., et raisonnablement heureuse aux yeux du sage. »

Chapitre IX

Le lendemain, resté seul dans l’église désertée, Fabrice se tient dans le clocher et « cette journée passée en prison dans le clocher fut peut-être une des plus heureuses de sa vie ». Il fuit Grianta à dix heures et remarque pensif que son « âme trouve du plaisir à contempler ce qui arrivera dans dix ans, et oublie de regarder ce qui se passe actuellement à [s]es côtés ». Encore une fois, « Fabrice se laissait attendrir par les aspects sublimes ou touchants de ces forêts des environs du lac de Côme » lorsqu’il rencontre un valet à cheval.

Chapitre X

Il vole le cheval du valet, moyennant finance cependant, et retrouve Parme où il apprend la mort du duc Sanseverina-Taxis. Le comte le dispute au sujet du vol du cheval : Fabrice, pour être sûr de n’être point rattrapé, aurait dû tuer le valet, lui dit-il, car « dans tous les temps les vils Sancho Panca l’emporteront à la longue sur les sublimes don Quichotte ». Fabrice ne peut qu’acquiescer, « mais son cœur ne pouvait s’accoutumer à l’image sanglante du beau jeune homme tombant de cheval défiguré ». Fabrice rend ensuite visite à l’archevêque Landriani qui a l’intention de le nommer grand-vicaire.

Chapitre XI

Après une visite manquée à Marietta, Fabrice s’interroge sur l’opportunité de parler à la duchesse Sanseverina. « Mais ce fut en vain qu’il chercha dans son cœur le courage de lui parler avec cette sincérité sublime qui lui semblait si facile la nuit qu’il passa aux rives du lac de Côme. » Mosca arrive, interrompant une scène d’effusions entre Fabrice et sa tante pour les informer que Fabrice vient d’être fait vicaire général et coadjuteur avec future succession (c’est-à-dire qu’il est amené à succéder à l’archevêque en place). Le lendemain, Fabrice supervise les fouilles d’un palais de Parme lorsque Giletti passe sur la route en voiture, accompagné de Marietta et son chaperon. Il s’arrête et défie Fabrice qui, pourtant blessé par le comédien, le tue d’un coup d’épée. Il s’enfuie alors dans la voiture de Marietta et pénètre en Autriche grâce au passeport qu’il a pris dans l’habit de Giletti. Arrivé dans la ville de Casal-Maggiore, il rencontre un ancien domestique de la Sanseverina appelé Ludovic à qui il demande de l’aide. Fabrice est alors amené en sécurité à Ferrare, où il s’aperçoit que ses blessures le font souffrir.

Chapitre XII

De Ferrare, Fabrice est transporté à Bologne où il entre accompagné de Ludovic. Il se rend à l’immense église de Saint-Pétrone et remercie Dieu d’être encore en vie, « dans cet extrême attendrissement, en présence de l’immense bonté de Dieu ». Fabrice reçoit des passeports envoyés par sa tante et apprend que le prince de Parme a ordonné à son ministre de la Justice appelé Rassi, ennemi juré de Mosca, « de traiter tout ce procès comme s’il se fût agi d’un libéral ». Grâce à une lettre de l’archevêque Landriani, Fabrice comprend le danger de sa situation et reste tranquille à Bologne, où il rencontre Marietta.

Chapitre XIII

« Fabrice se mit à vivre à Bologne dans une joie et une sécurité profondes. » Il vit avec Marietta, qu’il n’aime pas mais avec qui il connaît « un bonheur du même genre qu’il aurait pu trouver auprès de la duchesse ». Il s’en veut de ne point connaître l’amour et cherche à vivre ce sentiment. Pour cela, il s’attache à séduire la célèbre cantatrice Fausta, qui est alors sous le charme d’un jeune comte installé à Bologne. Fabrice fait la cour à la Fausta, croyant éprouver de l’amour, mais ne pouvant s’empêcher d’éprouver de l’ennui. La Fausta est quant à elle d’abord amusée puis sous le charme de Fabrice qu’elle fait passer pour le prince de Parme aux yeux de son amant en titre. Celui-ci, installé à Parme où Fabrice l’a suivi, enlève le héros et le transporte en procession dans la ville de Parme, lorsque le jeune homme trouve à s’échapper à grands renforts de coups de poignards. Il s’enfuit à Bologne et écrit à la duchesse : « J’étais amoureux de l’amour [...] j’ai tout fait au monde pour le connaître, mais il paraît que la nature m’a refusé un cœur pour aimer et être mélancolique. » Afin de se venger du comte, Fabrice le fait enlever et se bat en duel avec lui. Il lui donne « un fort beau coup d’épée dans la poitrine » et se sauve à Florence. Là, il écrit à la duchesse et au comte Mosca qu’il s’ennuie de leur compagnie et « ferait toutes les lieues possibles pour passer une soirée avec [elle] et avec ce comte si bon pour ses amis ».

Chapitre XIV

Un peu plus d’une année a passé depuis la mort de Giletti... La Marquise Raversi et le ministre de la Justice Rassi, ennemis jurés du Comte Mosca et de La Sanseverina, complotent pour faire condamner Fabrice. Ayant eu vent de ce complot, la duchesse Sanseverina menace le prince de quitter la Cour de Parme s’il ne renonce pas à toute poursuite contre son neveu. Le prince est ulcéré de la démarche de la Sanseverina , mais il ne souhaite pas que cette femme superbe quitte la cour. La duchesse obtient donc que le prince s’engage par écrit. Mais le Comte Mosca, présent lors de l’entrevue, va, par esprit courtisan envers le prince, modifier le texte, afin de ménager l’amour propre de son souverain. Rassuré par la promesse qu’a acquise sa tante, Fabrice rentre à Parme. Hélas pour lui , le prince est vexé de cette signature forcéequ’a réussi à lui extorquer Gina et décide de se venger . A l’insu du comte Mosca, il ordonne que l’on arrête Fabrice et signe un document le condamnant à douze ans de forteresse.

Chapitre XV

Fabrice est arrêté et emmené à la citadelle de Parme. Le gouverneur de cette forteresse est le général Fabio Conti, que Fabrice avait croisé, avec sa fille Clélia, sept années plus tôt lorsqu’il se rendait à Milan en compagnie de sa tante Gina. La jeune Clélia a grandi et est devenue 'sublime'. L’effervescence qui marque l’arrivée du prisonnier attire l’attention de Clélia, surprise de retrouver Fabrice del Dongo dans cette citadelle. Leurs regards se croisent. Fabrice , immédiatement séduit, la salue et évoque leur première rencontre : ' il me semble, mademoiselle, lui dit-il, qu’autrefois près d’un lac , j’ai déjà eu l’honneur de vous rencontrer...'. Clélia est trop émue et 'ne trouve aucune parole pour répondre'. Le soir même lors d’une réception, la duchesse Sanseverina est intriguée par l’attitude inhabituelle de Clélia. De même Clélia est témoin de la douleur qu’éprouve la duchesse lorsqu’elle apprend l’arrestation de son neveu.

Chapitre XVI

La duchesse est désespérée. Elle éprouve de la rancune contre le comte Mosca, qui par esprit courtisan, a permis l’arrestation de Fabrice. Elle exprime aussi sa colère et sa haine envers le prince qui l’a trompée. Elle refuse ensuite plusieurs fois de recevoir le Comte Mosca . Lorsqu’enfin elle accepte de le voir, celui-ci la trouve vieillie. Il se déclare prêt à faire une folie pour ne pas la perdre : il est prêt à tout tenter pour faire évader Fabrice.

Chapitre XVII

Le Comte Mosca reçoit son tout puissant ministre de la justice Rassi et lui exprime ironiquement sa surprise de la décision qui a été prise, à son insu, d’emprisonner Fabrice. Mosca essaye de s’assurer le soutien de Rassi en lui promettant de le faire anoblir. Ce dernier semble accepter. Le Comte Mosca souhaite en informer la duchesse, mais la porte du palais Sanseverina reste fermée. De son côté la duchesse essaye de corrompre les gardes de la citadelle pour qu’ils le laissent s’échapper Fabrice, mais en vain. Les rumeurs les plus extravagantes se répandent dans Parme : on dit que la duchesse a un nouvel amant et que le Comte va démissionner. On dit aussi que Fabrice risque d’être bientôt exécuté...

Chapitre XVIII

Fabrice est emprisonné dans cette citadelle de deux cent dix pieds de haut . Une joie incompréhensible s’empare de lui : il admire la vue sublime sur les Alpes et découvre en contre bas la volière de Clélia. Sa patience est récompensée , car il peut l’apercevoir lorsqu’elle vient soigner ses oiseaux. Un abat-jour est installé à sa fenêtre, mais Fabrice le perce pour pouvoir continuer à admirer Clélia. Il adresse à la jeune fille des signes, mais Clélia se refuse d’y répondre.

Chapitre XIX

Le gouverneur a hâte de marier sa fille . Il souhaite qu’elle épouse le marquis Crescenzi, l’un des plus beaux partis de la cour de Parme. Si elle refuse, le gouverneur est prêt à l’enfermer au couvent. Clélia ne se fait guère d’illusion sur Fabrice , qu’elle sait volage et qu’elle prend pour 'un libertin'. Elle sait aussi qu’il est promis à une carrière ecclésiastique. La menace du couvent que brandit son père lui fait prendre conscience de ses sentiments pour Fabrice : 'Quoi, je ne le verrai plus.' Pour rester avec Fabrice, elle accepte donc contrainte et forcée , d’obéir à son père, d’autant qu’elle a appris qu’on menaçait de l’empoisonner. Elle lui demande de ne pas manger d’autre nourriture que celle qu’elle lui fera parvenir. A l’aide d’un alphabet de fortune dessiné avec un morceau de charbon, et de quelques airs d’opéra, Fabrice et Clélia réussissent à établir une correspondance amoureuse .

Chapitre XX

Une nuit, alors qu’il contemple les étoiles, Fabrice aperçoit des signaux lumineux . Il parvient à déchiffrer un message de sa tante Gina, qui depuis plusieurs mois essaie d’entrer en contact avec lui. Elle lui demande de se tenir prêt à s’évader. Par amour pour Clélia, Fabrice refuse et lui confie sa décision . La fille du gouverneur renonce à toute prudence et va jusqu’à se compromettre en sollicitant la complicité d’un geôlier. Sachant Fabrice en danger de mort, elle lui demande lors d’une entrevue secrète, d’obéir à sa tante, menaçant dans le cas contraire de se réfugier immédiatement dans un couvent : 'et je vous jure que de la vie, je ne vous adresserai la parole.' Clélia conjugue ses efforts avec ceux de Gina afin de favoriser l’évasion de Fabrice. Cette dernière parvient à jeter dans la chambre du prisonnier un courrier précisant les détails de l’évasion. Au même moment le prince et son ministre Rassi étudient comment ils pourraient empoisonner Fabrice. Le Comte Mosca est informé, directement par Rassi, du danger de mort que court Fabrice del Dongo.

Chapitre XXI

Et l’on apprend qu’un an plus tôt la duchesse Sanseverina rencontrait, dans sa propriété de Sacca, le poète Ferrante Palla. Ce dernier, ' jeune et fort bel homme' est l’un des plus grands poètes de son époque ; il est aussi républicain, farouche adversaire du Prince, et éperdument amoureux de la duchesse. Après l’arrestation de Fabrice, il assure à la Sanseverina qu’il est prêt à tout pour sauver son neveu. La duchesse a décidé d’empoisonner le Prince, elle demande à Ferrante Palla de ne commettre cet assassinat que lorsqu’elle lui en donnera l’ordre. C’est également le poète qui imagine et organise l’évasion de Fabrice. Après ce flash-back, le récit reprend son cours normal. Lors du mariage de la sœur du Marquis Crescenzi, celui-là même que le Gouverneur destine à sa fille Clélia, la duchesse remet à la fille du gouverneur les cordes devant servir à l’évasion de Fabrice. La duchesse en profite également pour neutraliser le gouverneur en lui administrant un puissant somnifère. Clélia prend peur, elle est persuadée que son père a été empoisonné et qu’elle est la complice de ce crime. Elle fait le vœu à la Madonne de ne plus revoir Fabrice et d’épouser le Marquis Crescenzi, si son père est sauvé .

Chapitre XXII

Grâce aux cordes fournies par Gina et introduites dans la forteresse par Clélia, Fabrice va pouvoir s’échapper. La nuit choisie, à minuit, alors qu’un épais brouillard recouvre la citadelle, Fabrice se signe, puis se lance dans le vide. Il réussit à descendre la terrible tour Farnèse . Il a les mains en sang et est recueilli au bas de la Tour par sa tante et ses hommes de main. Gina donne alors le signal pour que Ferrante Palla empoisonne le prince. Fabrice se réfugie avec sa tante sur les bords du lac de Côme. Il a la nostalgie de la prison et de ses conversations secrètes avec Clélia. La duchesse est désespérée . Quant à Clélia elle ne se pardonne pas d’avoir trahi son père et est rongée par le remords. Elle accepte d’épouser le Marquis Crescenzi. La duchesse donne une fête inoubliable à Sacca pour célébrer l’évasion de Fabrice. Mais celui-ci est mélancolique, car il apprend que l’on s’affaire pour la préparation du mariage de Clélia et du marquis Crescenzi. La mort du prince crée une grande agitation dans le duché de Parme, mais le Comte Mosca reprend vite la situation en main. C’est le fils du prince assassiné qui lui succède. Il est ébloui par la duchesse . Il la rappelle à Parme et lui présente ses hommages.

Chapitre XXIII

Le Comte Mosca essaye également de trouver un moyen d’innocenter définitivement Fabrice, qui bien que libre est toujours sous le coup d’une condamnation. Il faudra que le neveu de la Sanseverina soit à nouveau jugé et reconnu innocent pour être totalement réhabilité. Mosca conseille aussi à la Duchesse de jouer de son influence auprès du nouveau prince. La duchesse accepte alors de devenir la confidente de la Princesse. Pour rentrer à Parme, Fabrice se déguise en marchand de marrons et afin d’être plus près de Clélia, se cache en face de la citadelle.

Chapitre XXIV

Très rapidement la Sanseverina devient 'l’âme de la cour' : elle organise de splendides soirées où tout le duché se précipite. On y improvise des comédies et le prince en personne y tient le rôle du soupirant de la duchesse. Mais pendant ce temps là, Rassi et sa police mènent leur enquête pour découvrir les assassins du Prince. Alors qu’ils viennent de déposer sur son bureau, un dossier complet de l’enquête, le nouveau souverain demande à la duchesse conseil sur la conduite à tenir. La Sanseverina réussit à convaincre le prince de brûler tous ces documents compromettants. Elle demande également au prince de faire juger à nouveau Fabrice, le comte Mosca ayant trouvé des témoins du duel entre Giletti et son neveu. Leurs témoignages innocentent Fabrice. Confiant, ce dernier se constitue prisonnier. Le gouverneur Fabio Conti savoure ce retournement de situation. Il est bien décidé à se venger.

Chapitre XXV

Clélia est troublée par le retour en prison de Fabrice. Fidèle à son vœu de ne plus le revoir, elle se cache. Elle apprend pourtant que de lourdes menaces d’empoisonnement pèsent sur lui et qu’il risque de ne pas sortir vivant de la prison. Craignant pour sa vie, elle gravit les marches de la tour, bouscule les geôliers et se précipite dans sa chambre. Elle parvient juste à temps, à l’empêcher de toucher au repas fatal qui est sur sa table. La duchesse Sanseverina ayant elle aussi appris que la vie de Fabrice est menacée est prête à tout pour sauver son neveu. Elle jure au prince qu’elle sacrifiera son honneur de femme et se donnera à lui si Fabrice sort sain et sauf de la citadelle. En toute hâte , l’aide de camp du prince est dépêché à la prison et libère Fabrice. La duchesse accourue au pied de la citadelle voit son neveu sortir sain et sauf. Une enquête est menée dans la citadelle qui montre que le repas du prisonnier était réellement empoisonné. Le gouverneur est aussitôt destitué et exilé jusqu’au mariage de sa fille. Fabrice est à nouveau jugé et cette fois il est acquitté. Il est nommé coadjuteur de l’archevêque de Parme. Mais ces honneurs le laissent de marbre, il souhaite simplement revoir Clélia.

Chapitre XXVI

Fabrice est inconsolable. Il parvient à louer un appartement face au palais où demeure Clélia . Celle-ci est malheureuse de ne pouvoir revoir Fabrice , mais reste fidèle au vœu qu’elle a fait à la Madonne. Fabrice , en se déguisant, parvient cependant à s’approcher d’elle dans l’obscurité. Elle lui indique qu’elle se résigne à épouser le Marquis Crescenzi, seul moyen de sauver son père de l’exil. Fabrice décide de se retirer dans un petit appartement , ce qui lui vaut à Parme une 'immense réputation de sainteté'. Il reste cloîtré de longs mois et ne quitte cette retraite que pour assister à l’anniversaire de la princesse. Il ne peut contenir ses larmes lorsqu’il y croise Clélia. Cette dernière est bouleversée de constater combien le chagrin a modifié sa physionomie. Mais en même temps, elle réalise que Fabrice ne l’a pas oublié, ce qui la comble de joie.

Chapitre XXVII

Gina fait savoir au prince que s’il souhaite qu’elle se donne à lui, comme elle s’y était engagée pour sauver la vie de Fabrice, elle quittera définitivement le duché de Parme. Le prince ne peut résister à la beauté de la duchesse. Son sacrifice accompli, la Sanseverina quitte la principauté .Elle épouse le comte Mosca et les époux partent pour Naples. Clélia torturée par le remords reste enfermée dans son palais. Sur les conseils de sa tante , Fabrice se met à prêcher. Ses sermons connaissent un immense succès et toutes les femmes de Parme se précipitent , éblouies par son éloquence. Parmi elles, la jeune Anetta Marini déclare ouvertement son amour au jeune prélat. Clélia est impatiente de connaître cette Anetta dont toute la ville parle.

Chapitre XXVIII

Il se murmure dans les salons Crescenzi que Fabrice est tombé amoureux d’Anetta Marini. Cette rumeur décide Clélia à aller écouter les sermons du prédicateur. Le lendemain, Fabrice reçoit un billet de Clélia qui l’invite à un rendez-vous. ' Fabrice tomba à genoux et fondit en larmes : 'enfin s’écria-t-il, après quatorze mois et huit jours ! Adieu les prédications.' C’est le début d’une liaison secrète entre Fabrice et Clélia qui va durer 3 ans . Pendant ce temps l’archevêque meurt et Fabrice lui succéde. 'Après ces trois années de bonheur divin, l’âme de Fabrice eut un caprice de tendresse'. Puisqu’il ne peut voir, durant le jour, Clélia, Fabrice exige d’avoir près de lui le petit Sandrino, le fils né de leur liaison et secrète. Les amants imaginent un stratagème qui consiste à simuler une maladie de l’enfant et annoncer sa mort pendant l’absence du marquis. Mais Sandrino tombe réellement malade et meurt quelques mois après son enlèvement. Cette mort apparaît à Clélia comme une punition du ciel. ' Elle ne survécut que de quelques mois à ce fils chéri'. A la mort de Clélia , Fabrice vend tous ses biens et se retire à la Chartreuse de Parme . Il y meurt un an après. 'La duchesse ne survécut que fort peu de temps, à Fabrice, qu’elle adorait'. Le duché de Parme connut grâce à son jeune prince 'une ère de liberté', et le Comte Mosca devint immensément riche...


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